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16 juillet 2014
Grégoire Mahuzier

Compte-rendu de notre week-end de la Pentecôte à Nantes

Pentecôte 2014 Samedi 7, Dimanche 8, Lundi 9 juin 2014

Veuillez trouver ci-joint le compte-rendu de notre week-end de la Pentecôte à Nantes, composé par notre écrivain Janine.
Séjour assurément réussi, merci à tous, particulièrement à nos organisateurs André et Geneviève Verchère, Françoise Mahuzier et Jacqueline Malvaux-Mahuzier.
Bon nombre de photos nous ont déjà été envoyées, lorsqu’elles seront réunies nous trouverons un moyen de vous les mettre à disposition.

Bel été à tous, dans quelques jours je transmettrai vos chaleureuses pensées à mes amis les ours polaires.

Affectueusement,

Sylvain

LES MAHUZIER A NANTES

Pentecôte 2014, Samedi 7, Dimanche 8, Lundi 9 juin 2014

Samedi 7 juin 2014

Les genêts sont en fleur dans toute la France. Une France verte et jaune en ce week-end de Pentecôte. Verts sont les pâturages, verts les bois et les haies. Jaunes les blés. Blanches les charolaises. Au point de rassemblement, vers 13 heures, André Verchère nous accueille. Domiciliés à Nantes, c’est lui et Geneviève, sa femme, qui ont organisé la virée nantaise, avec Sylvain, notre Président, Jacqueline Malvaux et Françoise Mahuzier. Une allée ombreuse mène le groupe jusqu’à une pelouse ensoleillée du parc du Grand Blottereau, idéale pour un pique-nique. Luc et Sophie, Alain, Chantal et Choti Pou, Erick et Marie-José Lefevre, Geneviève Hirbec dite Vévé, Alice, petite-fille Verchère, Josette, Janine se détendent après cinq heures de route. Le soleil ne nous quittera plus au Pays Nantais. Anne Castaings et sa sœur Geneviève Verchère préparent le gâteau au rhum, rue de Strasbourg, en prévision du buffet du lendemain.

De la Butte Sainte-Anne, un jeune enfant resté de bronze, Jules Verne, né à Nantes, et son capitaine Nemo, nous font découvrir un vaste panorama de la ville. A nos pieds, la Loire et ses anciens chantiers navals, bornés par deux témoins de leurs activités : une grue Titan grise (1966) et une grue Titan jaune (1918). Buren a accroché aux pilotis du quai de beaux anneaux illuminés la nuit. A l’horizon, à gauche, Jacqueline reconnaît la cathédrale et ses deux tours blanches en pierre de tuffeau, le château des ducs de Bretagne, la flèche de l’église Saint-Nicolas. A droite, entre deux prisons, la Maison Radieuse du Corbusier et le palais de justice très noir de Jean Nouvel tandis qu’un pont Tabarly, grâce à ses haubans, s’envole vers la Liberté. Nantes nous impressionne. André Verchère nous apprend que la ville compte 260 000 habitants et son agglomération 600 000.

Redescendus au niveau zéro de nos déambulations, il nous semble que 340 000 agglomérants de l’agglomération nantaise se sont agglomérés dans les rues de la ville. Motif : la présence de Royal De Luxe, célèbre théâtre de rue promenant des Géants et mettant à contribution les badauds pour faire avancer les machines en pédalant. Quand lesdits badauds sont fatigués, machines et fanfare font la pause. C’est ainsi que, Cours des 50 Otages (massacrés par les nazis en 1941) , nous aurons la chance de voir Le Petit Noir, personnage de la mythologie populaire, s’arrêter dans un hoquet. Autre chance, celle d’apercevoir une joyeuse Tour Lu, qui jadis indiquait l’entrée du Palais du Biscuit. Geneviève Verchère décodera, dimanche, la symbolique des bosses et des creux du pourtour du petit beurre.

Les bagages déposés à l’hôtel B&B, nous nous frayons un chemin dans la foule en direction de la cathédrale. Josette a bien noté sur un bout de papier le numéro de sa chambre et le code d’accès. Ce nom de place Viarme me dit quelque chose ? En effet, Pour en finir avec les « rebelles » des guerres de Vendée, l’affreux général Hoche capture et fait fusiller leur chef, François de Charette de la Contrie, place Viarme, en 1796.

A la cathédrale, presque personne n’admire la crypte et ses fraîches voûtes où les origines de Nantes nous sont contées. Mais, sous la nef, André se fait doubler par un guide atypique. « C’est rapide et c’est gratuit », annonce-t-il aux touristes qui affluent. Chateaubriand avait raison, le tombeau commandé par Anne de Bretagne pour ses parents, François II, duc de Bretagne, et Marguerite de Foix, à lui seul vaut le voyage à Nantes. C’est un chef-d’œuvre de Michel Colombe, sculpté dans le marbre entre 1502 et 1507. Le guide foufou nous signale un curieux détail : l’une des quatre vertus cardinales qui escortent les gisants, la Prudence, offre, de face, le visage d’une jeune et jolie femme et, de dos, dissimulé dans sa chevelure, le visage d’un sage vieillard (les jeunes auraient-ils intérêt à écouter les conseils des personnes âgées ?). Or ce visage de vieillard est un autoportrait. Colombe avait 73 ans à l’époque.

Le château des ducs de Bretagne est fermé pour cause de foule. Josette a soif. Elle est autorisée à aller se chercher une petite bière. On l’attend. Les minutes passent. Josette ne revient pas. Luc part à sa recherche. Pas de Josette. On a perdu Josette ! Sylvain s’évertue à retrouver la brebis perdue. Son téléphone ne répond pas. Puisqu’elle a noté sur un bout de papier le numéro de sa chambre d’hôtel et le code d’accès, elle saura se débrouiller. Nous nous acheminons alors vers le Comptoir d’Armorique. Parvenue à l’hôtel, Josette ouvre son téléphone et Sylvain peut la joindre et lui donner l’adresse de la table d’hôtes. Comme décor, une bibliothèque de bouteilles de vins bien alignées sur des étagères qui montent jusqu’au plafond.
La journée n’est pas terminée. Il fait grand jour pour grimper les 32 étages de la Tour Bretagne, bâtie il y a trente-deux ans environ. Superbe panorama à 360° et pas de vitres sales, l’air libre autour de la tour avec néanmoins un grillage à larges trou- trous.

Dimanche 8 juin 2014

Tradition oblige, l’Association propose toujours d’aller à la messe le dimanche à ceux qui le veulent. Jour de confirmation à la cathédrale, on nous conseille d’aller à Saint-Similien. L’église est laide mais, oh surprise ! Françoise Mahuzier qui nous y a rejoints nous apprend que c’est dans cette église que ses parents Jean Mahuzier et Suzanne de Rousiers se sont mariés, le 4 octobre 1930, à 11 heures, l’église étant la paroisse des Rousiers qui habitaient rue Sarrazin. Les archives familiales conservent un album de photos de l’événement ainsi que le menu du traiteur Mauduit. Double événement car les deux sœurs, Suzanne et Annick de Rousiers se mariaient le même jour.

Geneviève Verchère et sa sœur Anne Castaings (nées Mahuziès), restées rue de Strasbourg ont préparé un buffet qui rivalise avec les agapes de 1930. Mais où est Josette ? Pour la seconde fois, on a perdu Josette ! Par l’odeur alléchée, Josette trouvera sa voie.
Apéritif au muscadet
Charcuterie & viandes froides
Salades composées
Mâche nantaise
Curé nantais
Gâteau nantais
Vins de Nantes

Il faut savoir que le curé nantais est un fromage et que le gâteau est au rhum. Un délice ! Puis les Mahu s’embarquent pour une croisière sur l’Erdre (qu’on peut lire dans les deux sens). Sylvain reconnaît immédiatement une héronnière. Les hérons cendrés, protégés, ne sont plus en péril. Les cormorans, apparemment, non plus. Ce qui fascine et dévisse la tête, ce sont les « Folies nantaises » qui jalonnent les rives à droite et à gauche. Les nantis de Nantes (étymologie assurée), de tous temps y ont bâti leur château. Le plus vieux celui de la Gascherie a même vu passer Henri IV ; le plus élégant, de briques et de pierre, la Poterie, bâti sous Louis XIV, accueille congrès, noces et banquets des nantis nantais d’aujourd’hui.

Bien que reposés par la croisière, la moitié des voyageurs, gorgés de soleil et de beauté, renoncent à arpenter la ville surchauffée. Dommage ! Le mémorial de l’esclavage a fortement ému les plus courageux dont Josette que l’on ne perd plus. Et André Verchère nous fait de nouveau remonter l’Erdre, cette fois-ci par l’autoroute, jusqu’à un paradis tropical, le Westotel : imaginez des rangées de palmiers, des pelouses vert Pentecôte, des merles noirs à bec jaune (précision pour Sylvain) des pies. Des salons luxueux. André a bien fait les choses. Le restaurant 4 étoiles nous a préparé un repas de fruits de la mer raffiné avec, au dessert, un croustillant de rêve au chocolat de Madagascar.

Lundi 9 juin 2014

Un orage a éclaté dans la nuit. La plupart des Mahuzier ne l’ont pas entendu. Le soleil brille quand nous prenons la route des Moutiers-en-Retz. Les millepertuis des talus sont en fleur (jaune). La mairie de La Bernerie a sûrement gagné le concours des villes fleuries de Loire-Atlantique en arborant de surprenants balcons de fleurs indigo et pourpre. Arrivés au bord de l’Océan, c’est la marée basse. La mer beige et grise s’est retirée à l’horizon laissant à découvert un chef-d’œuvre de vasière, séjour préféré des palourdes. Albert Mahuzier aimant à taquiner son frère Jean qui prenait ses quartiers d’été aux Moutiers avait rebaptisé les lieux « Les Moutiers-la-Vase ». Mais tous les pèlerins venus de région parisienne ne se sentent plus de joie de voir la mer sous un ciel bleu.

Au programme, visite de l’église des Moutiers, dont Judicaël et Adenor, du haut de leurs vitraux, surveillent l’impeccable entretien, sous l’œil narquois d’une tripotée d’angelots plus dorés les uns que les autres. Le pique-nique de Françoise se révèle être un véritable repas de famille digne du festin de mariage des années 1930. Les tables ont été dressées sous un pin qui joue son rôle de parasol car le soleil est toujours de la fête. Bravo à Françoise et à ses filles Frédérique et Virginie ! Après le gâteau au rhum et le croustillant au chocolat, le fraisier à la crème des Moutiers tient son rang parmi les souvenirs inoubliables du Pays Nantais.

Un devoir nous attend, la visite du musée du Pays de Retz, à Bourgneuf. Le conservateur l’a ouvert exprès pour nous. Nous l’en remercions, c’est un trésor d’ethnographie. Tous les habitants de la région ont apporté leur contribution, faisant don du moindre objet de la vie quotidienne de leur famille aux temps anciens. Et les conservateurs en ont expliqué clairement l’usage. Les visiteurs s’exclament. On se souvient. Chantal est intriguée par une affichette du ministère de l’Intérieur, signée Malvy, annonçant un changement d’heure. Recherche faite, il s’agissait de faire des économies pendant la Première Guerre mondiale. Louis Malvy (1875-1949) fut ministre de l’Intérieur de la IIIe République entre 1914 et 1917. Marguerite Mahuzier, née à Nantes en 1880, avait pieusement gardé des tickets de rationnement de la guerre de 14-18 (pain, sucre, pétrole lampant, charbon, etc.).

Le monde tourne, les heures aussi. On se quitte nostalgiques et heureux.
Merci aux Verchère et Castaings réunis, à Sylvain notre Président, à Jacqueline, Françoise et ses filles et à tous ceux qui ont pris part à cette expédition dans l’Ouest à la recherche de nos ancêtres nantais.

Janine Mahuzier
Boulogne, juin 2014