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7 janvier 2010
Grégoire Mahuzier

La Société populaire de Bergerac pendant la Révolution (1791 - 1798)

Labroue Henri, 1915

[|LA SOCIÉTÉ POPULAIRE DE BERGERAC PENDANT LA RÉVOLUTION
PAR
Henri Labroue
AGRÉGÉ d’histoire, ANCIEN PROFESSEUR AU LYCÉE DE BORDEAUX
DOCTEUR ES LETTRES
DÉPUTÉ DE LA GIRONDE|]

Mahuzier 69, 82, 93 n., 178, 186, 209, 219, 226, 288, 299, 307, 391.

Séance du 7 janvier 1791.

Il a été fait lecture d’une lettre de M. Durand, de Bordeaux.

M. le président a nommé pour commissaires... [chargés de] communiquer au second club le jour pris avec la municipalité pour faire la lecture de la Feuille villageoise, MM. Bauvalon, Gazimir, Bouyssavy, épinglier, et Olivier. Les deux
commissaires nommés pour aller, dimanche prochain, faire la lecture de la Feuille villageoise, sont MM. Boyer et Olivier (2).

[Pour prier] M. le commandant de la garde nationale d’envoyer au-devant de nos camarades du régiment de Champagne un détachement de 100 hommes (3), les commissaires nommés sont MM. Courtine père, Ducastaing et Fasandier.

Sur la motion de M. Beaupuy, il a été arrêté que M. le président nommerait des commissaires pour procurer un local assez vaste pour recevoir tous les membres de la Société. Les commissaires sont MM. Petit, Bernard, Boyer, perruquier ; Gravier, commissionnaire ; Dumoulin et Rolland (4).

M. Beauvalon a présenté pour candidats MM. Bouchon, Vergniol, Marais-Chalvet. M. Rolland a proposé M. Reclaiid, M. Beaupuy a proposé MM. Sargenton [el’i Valleton-Saimbris. M. Dussumier jeune a proposé M. Dupeyron-Boissé. M. Hoyer a proposé MM. Rambaud, Tanchon. M.Mahuzier a proposé M. Michaud-Varaillon.

Le projet de l’adresse au roi, présenté par la Commission, après quelques chan.srements a été adopté. I/adresse au roi a été ainsi adoptée : A Louis XVI, roi des Français (5),

Séance du 27 janvier 1791.

Les commissaires qui étaient chargés de visiter les prisonniers ayant observé qu’ils avaient doublé leur tâche (1), M. le président a nommé, pour les remplacer, MM. d’Esmartis, capitaine de navire, Venencie père, Mahuzier, Gorsse, homme de loi.

Séance du 17 février 1791 p93

Candidats présentés : MM. Vignal, Guyot, par Despaigne jeune ; Mathias fils (de Lanquais), par Sautet ; Bargeas, Valeton fils (de Mouleydier), par Gérard.

Un membre fait part qu’il avait appris que le Père Mathieu avait été dans différentes maisons, répandre des propos répréhensibles, notamment que personne n’était capable de faire sortir M. le curé de sa cure, dont on le tirerait plutôt mort [1] .

Le tronc ayant été ouvert, M. Dommenget en a pris 19 livres, 18 sols, 3 deniers, pour payer le bois de feu et les frais de soupe des prisonniers [2] .

Arrêté que les gradins qui sont à la droite soient conservés pour les étrangers.

Un membre a dénoncé le curé d’Eymet, président de la Société des Amis de la Constitution, pour n’avoir pas voulu prêter son serment civique [3] . [Signé] Granger.

Séance du vendredi 18 février 1791.

Candidats admis qui ont prêté leur serment : MM. Blanc, Gast, médecin ; Galina de Russel fils, Larigodie (de Béleymas), Loreilhe-Deysal, Laregnère.

Lecture d’une adresse de la Société des Amis de la Constilution, de Bordeaux, à laquelle était joint un exemplaire du projet de l’échange des assignats, dont la lecture a été renvoyée à mardi prochain [4] .

Lecture d’une adresse de Lyon [5] , qui demande une correspondance. Il était joint à cette adresse un exemplaire d’un connaître la copie de la pétition, transcrite aux Arch. mun. Bergerac, Reg. délib. mun., 2 mars 1791, f. 157.

Nous les rangeons dans l’ordre alphabétique : Pierre Dussumier, juge, président ; Courtine, vice-président ; Beyssellance, Boyer, P. Dommenget, Granger, secrétaires ; d’Agoust neveu, Auchier, Bailli cadet, Bellegarde, Bécliadergue, Bernard, R. Bernis, Joseph Bessot, Beysselance fils, Biès, Biran, Blanc, peintre ; Jean Blanc, Bonnet, Bord ère, Borie, Bouchon, Bourson, D. Bouyssavy, épinglier ; Boyer, Briand, Bruzac, Jacques Caillou, Casse, Caussade, J. Gaussade, Joseph Cazimir, Chadeau, Chalvet-Cleyrac, ChassaigU’C Courtine, Cramaille, Desmartis, Desniond, Despaigne jeune,
Drian, Dubois, Dumoulin, Dupeyrou fils, Dussumier aîné, Dussumier ieune, d’Esmartis, capitaine de navire ; R. Eyma, Fauconney, Fauvel aîné, Fonvielhe, curé de St-Amand-de-Boisse, Franchemont, Frescarode fils, Gagnaire-
Galina jeune, Gahna fils, Gast, Gast, médecin, Gat de Grave, Gaussen, Gérard,
Géraud, Th. Ginest, C. Girou, Gorsse fils, Goubie, Gounouilhou, Gouzot, Grasset-Latour, Gravier aîné, commissionnaire, Grozet aîné, Jat-L’Obhgeant, Labonne, Lacoste, Lacoste, Lafargue, Lanauve, P. Laregnère, Larigaudie, Latané, Lentilhac, Loreilhe-Deysal, Magerias, Mahuzier, Malbernac, Marchet, Martin, Masseron, Mounet, Mounet jeune, Moynies, capitaine, Paris, PasquaJ, Pauly-La Trufière Pauly fils, Philbert, Planteau, Planteau fils aîné, Planteau-Laubanie, Plaziac, Ponterie-Escot, Puymartin, Reclaud, Reclus aîné, Reynaud, Rocher (?), Rolland jeune, Sainbris-Valleton, Sarrette, Sautet, Séjournas, B. Serre, Simounet, Sounalet, Michel Varraillon, Venencie, Vergniol, Veyri, Vigier, Villepontoux.

26 septembre 1791

 [6]

Les citoyens soussignés, faisant partie des Amis de la Constitution. On l’honneur de vous adresser la présente pétition, pour vous prier de faire peindre les noms des rues à chaque coin et numéroter les maisons de chaque rue. Nous avons senti combien cet établissement serait commode et agréable tant pour les habitants que pour les étrangers, ainsi que pour la destination des lettres et paquets et surtout pour les troupes qui ont l’occasion de passer, car çà épargnerait aux soldats beaucoup de peine, en mettant sur leurs billets de logement telle rue et tel numéro. D’ailleurs, çà serait un très grand agrément pour la ville et qui ne coûterait pas grand chose, car chaque particulier serait obligé, comme à Bordeaux et ailleurs, de donner 2 ou 3 sols, et nous sommes persuadés qu’aucun ne s’y refuserait. Le surplus, s’il y en avait, serait pour les pauvres.

Nous désirerions que les noms des illustres régénérateurs de la liberté fissent l’ornement des principales rues, que les Mirabeau, les Robespierre, les Pétion, etc., fussent les noms chéris qui sans cesse frappassent notre vue, afin qu’à chaque instant notre imagination leur offrît l’hommage de la reconnaissance. Mais si vous trouviez que les rues qui ont déjà un nom ne peut (sic) en être changées, nous vous prions toujours de les faire revivre en les faisant peindre.

La pétition est signée de 60 noms, que nous rangeons dans l’ordre alphabétique : Archer, Auchier, Bacalan, Etienne Beaugès, Bernard, Bernard
(sic), Bordère, Daniel Bouyssavy, Boyer, Daniel Brun, Pierre Cailloux aîné, Gaussade, Charon. E. Golrieu-Mainsat, Corbet jeune, Gourssou, Crépin, Dechamps, Depii jeune, Ducastaing, Ducastaing (sic), Dumonteil jeune, J. Duqueyla, Durive fils, R. Eyma, H. Fellix, Frescarode, Frugès, P. Girou, Gravier, Bertrand Gravier (sic), E. Jarry, Lacoste’, Lafon, Lambert, Lespinasse fils, B. Mahuzier, Malbernac, fils aîné, Martin, Martin (sic), Masse aîné. Mercier, Meslon, Paris-Troquereau, Paufapé, Pierre Pauly aîné, Pierré-Dussumier, Philbert fils, Plaziac, Ponterie-Escot, Puymartin fils, Reclaud, Reclus aîné, Rolland aîné, Saint-Aulaire, Sarrette, Séjournas, Tamarelle, Vasseur, Veyry [7] .

6 novembre 1791

Il en est trois qui vous ont été présentées et qui sont de ce nombre. La 1ere est sur un mémoire à présenter sur la reconstruction du pont. La 2nd, pour faire inscrire les noms des rues et numéroter les maisons ; et la 3eme, sur l’augmentation des juges de paix. Comme nous regardons ces objets utiles et même de la plus grande importance, nous vous prions, Messieurs, de nous
faire savoir le résultat de vos délibérations sur cela. L’amour du bien public, qui nous anime, nous fait désirer que vous les ayez reçues favorablement, et l’impatience que nous avons de le savoir nous a déterminés à renouveler nos vœux. Persuadés que vous voudrez bien y avoir égard, agréez le respect des citoyens composant la Société.

La pétition, écrite par Dussumier, est suivie de 35 signatures, que nous rangeons dans l’ordre alphabétique : Arfel, Bailly, Bergegère, Bernard, Blanchard jeune, Borie, Daniel Bouyssavy, Boyer, P. Boyer (sic), Jacques Calliou, P. Gapmau Chanconier (?), Gharon, Conte, Corbet jeune, Cuminal, Dussumier, F. Fayolle, Franchemont, Gast, Goubie, Henin, E. Jarry, Jirodel jeune (Bernard a signé pour), Labonne aîné, Laurent, Laval, B. Mahuzier, Marchet, Mercier, Bnd Mounet fils, Nossiet, Rochefort, Roucou fils, Sainte-Foi. [Une autre signature est illisible] [8] .

Bergerac, 29 septembre 1792 p209

Représentants du peuple français,

La royauté n’existe plus en France. Ce bienfait si désiré est votre ouvrage [9] , Il immortalisera votre première séance. Il sera le plus solide monument de votre gloire et le titre le plus précieux à la reconnaissance des hommes de toutes les nations et de tous les siècles. Recevez l’expression de la nôtre, de l’adhésion entière que nous donnons à cet acte de votre justice, et de la résolution ferme où nous sommes de le soutenir, s’il le faut, au prix de nos fortunes et de nos vies. Le Tarquin, les César ont trouvé la fin et la peine de leur despotisme dans l’exil ou dans la vengeance des Romains, qui voulaient être libres. Les Bourbon et les Louis voient leurs têtes altières abaissées au niveau honorable de citoyen français. Ils croiront perdre ; ce sera au temps à leur faire apprécier à sa juste valeur tout le bonheur de l’égalité.

Les citoyens composant la Société des Amis de la liberté et de l’égalité et de la République de France,

À Bergerac, le 29 septembre 1792, l’an I de la République,

Signé] Bailly [10] , Jean Bassac, Etienne Beaugès, Béchadergue, Belin, Etienne Bergegère, Bernard, Biès, Blanc, Blanchard aîné, Blanchard jeune, Borde fils aîné, Bordère, Bordère [Hc), Bordier, Borie, Borie père, Jean Borie, Jean Boue, Bourson, Boutiron fils aîné, Boutiron fils jeune, Bouyssavy, Daniel Bouyssavy, Jean Bouyssavy, Marie Bouyssavy, Boyer, Boyer (sic), Boyer fils, P. Boyer, Briau aîné, Daniel Brun, Bruzac, veuve Gabanac, Jacques Caillou, Cailloux, J. Camarèze, P. Capmau, Joseph Caussade, Cazamajou jeune, P. Chadaux, Pierre Chavelon, Chevalier, Chopin, E. Colrieu-Mainsat, Conbe, J. Conil, Cramaille, Crépiri, B. Coudre, Goiistaut jeune, Reyinond Cousteille, Dagout, Biaise Dauge, Daurade, Delsuc, Desmond, Ducastaing, Duclos aîné, Dufour, Dumoulin, Jean Dupont, Duprat, Dupuy, Elie Durand, Dureysset fils, Durrive,
d’Esmartis, Daniel Eyma, Jean-Joseph Eyma, Eyraud fils, Falquier jeune, Faugère, Fauvel jeune, Fauvel aîné, F. Fayolle, L. Fellix, Gaussen, Goubie, Gounouilhou, Gravier, Félix Jarna, Jarry, Jats-Lobligeant, Jourde, Labonne, Lacoste, Ladoire, Laeger (?), Lafite père, Lafite fils, Lagelie, Lagrange, François
Lajugie, Lamothe, prêtre, Lanscrait (?), P. Laregnère, Larmandie, Laval, Pierre Laval, Lespinasse, B. Mahuzier, Malaroche, Malbernac fils aîné, J. Marchand, Marchet fils, Philippe Marchet, Marvier, Massé, Massé aîné, Masseron, Méry, Mestre, (des Farcies), Mounet, Paul Mounet jeune, Nassier, Noël, Pierre Ousti, Elie Pacher, L. Pacher, Jean Pancaud, Paris-Troquereau, Pasqual, Paufapé, Pauly, Peloux, J. Petit, Piol, Planteau (de Brousse), Prévôt, Pujol, Louis Pujol fils aîné, Rambaud, Raymond, Reclus, Rey, Reynaud, Riboulet, Riboulet aîné, Rolland jeune, A. Rolland aîné, Rousseille, Sainte-Foi, Simounet, Simounet jeune, J. Terrible, Texandier, M. Texandier, M. Texandier (sic), P. Teysié, Tilhet, Tilhet aîné, Tournié dit Quercv, Venencie, Veyrine, Vevrine aîné, Vevry, Jacques Vigier, Villate, Villate (sic) [11] .

15 février 1793.

Citoyens représentants,

Au récit des maux qu’ont à endurer ceux de nos frères qui se sont voués à la défense de la liberté et de l’égalité contre les efforts combinés des despotes de l’Europe ; à la vue de ce dénûment qu’ils éprouvent et des vêtements d’une absolue nécessité dans une saison et un climat rigoureux, nos cœurs ont été vivement émus, et notre premier mouvement a été d’ouvrir une souscription dont le produit a été destiné à procurer à nos braves défenseurs ceux des objets dont ils ont le plus grand besoin.

Nos frères de Creysse et de Mouleydier, deux bourgs voisins de notre ville, ont désiré concourir à cet acte patriotique, et il est résulté de nos efforts communs une masse de 218 paires de souliers et 49 paires de bas, deux paires [de] mitaines et 4 chemises.

Telle est l’offrande que nous faisons, en ce moment, à la patrie. Nos vœux la destinent à nos frères de l’armée du général Custine. La caisse est adressée au ministre de la guerre, afin qu’il la fasse parvenir avec sûreté à ce général. Veuillez, législateurs, faire surveiller l’envoi qui lui en sera fait, et recevoir l’assurance que vous donnent les citoyens de Bergerac, de leur soumission à vos décrets et de leur ferme volonté de concourir de tous leurs moyens aux mesures que vous jugerez convenables de prendre pour le salut de la République.

Les membres composant la Société des Amis de la liberté pf de r égalité, de Bergerac.

[Signé] Albre [12] , J. Bayard, Belin, Bergegère, Bernard, Biès, Bonnet aîné, Bordère, Bordier, Bourson, Boutiron fils aîné, Bouyssavy fils, Daniel Bouyssavy, Boyssavit (sic), biu-a-liste, Brian, Burète, Jacques Calliou, Caussade, P. Chadaux, Chancognie, Chanconie (sic), Chevalier, Couderc, B. Coudre, Cramaille, Desmond jeune, P. Dommenget, Drian, Joseph Eyma, R. Eyma, Feytout aîné, Filliol, Franc, Franchemant, Prugès aîné, J. Galina (de Russel), Gast, J. Giraudel, Jarry,
Jats-Lobligeant, Lacoste, Lafite fils, Jean Laubeau, Lestrade, Magueur, Mahuzier, Malbernac fils aîné, Luc Malbernac, Marchet père, Marchet fils, Marvier, Massé aîné, Mazière, Elle Mounet jeune, Noël, L. Pacher, Pasqual, J, Petit, Pujol, Riboulet aîné, Rochefort, Rolland jeune, Rolland aîné, Roque jeune,
Rousseille, Roussignol, Sainte-Foi, Sarrette, Jean Siegaud (?), Sounalet, Tamarelle jeune, Tamarelle aîné, Venencie, Vevrine aîné, J. Villate [13].

Le citoyen Ousti, membre de la Société, introduit trois jeunes gens, munis de certificats du citoyen Vallombreuse, avec une lettre de ce commissaire des classes, par laquelle il témoigne à la Société la douleur qu’il a de voir que la surcharge de ses occupations le prive du piaisir de les accompagner à la
Société, en l’invitant à ne pas refuser à ces jeunes marins les encouragements que mérite leur patriotisme naissant [14].

Ils sont reçus fraternellement, et, le vœu du citoyen Vallombreuse rempli, ils sont admis à prêter le serment ordinaire et reçoivent, en qualité de membres, un certificat chacun de la Société. Sur la proposition du citoyen d’Ksmartis, leurs noms sont inscrits au procès- verbal... : Joseph Ousti, Jean Gauthier et
François Vallet.

Les citoyens B. Bellin, P. Veyrine, Martial Reynaud, Rolland aîné, Mahuzier, J. Pugeol, Marchet père, J. Blanc et Jats-Lobligeant ont demandé et obtenu des certificats. Le citoyen Caillou Jacob saisit cette occasion pour inviter la Société à ne pas en délivrer à ceux de nos membres qui peuvent être compris dans la levée qui doit se faire, déjà quelques-uns de
ces citoyens sont partis de Bergerac pour se soustraire à cette levée. Pasqual propose d’écrire à la Société de Bordeaux, lieu de leur refuge, pour les y dénoncer, et faire comprendre ces fuyards dans la levée de leur département... Sur [la] proposition de Mainsat, appuyée par Gravier, on laisse à la muni cipalité la tâche de remplir cet objet [15] .

3 octobre 1793 p287

Séance du 6 octobre l’an II...

Il observe que, depuis la révolution du 31 mai, tous les décrets rendus par la Convention sont en faveur des sans-culottes, que... [celui] du maximum réfléchit aux aristocratesles maux qu’ils ont faits au peuple, et que les circonstances exigent impérieusement l’entière exécution de ces lois sacrées, qu’enfin c’est au peuple à la surveiller et à la provoquer. A la lecture de la
loi sur le maximum, l’assemblée et les tribunes se sont livrées aux doux sentiments qu’inspirent les décrets qui portent l’empreinte de la bienfaisance populaire. Les applaudissements et les cris de : Vive la République ! Vive la Montagne ! forment un désordre délicieux, tel qu’on n’en a vu depuis la formation de la Société.

Boyer demande que l’assemblée nomme 8 ou 10 membres, vrais sans-culottes, pour aider l’administration à empêcher le déplacement des grains dans les paroisses qui bordent île territoire de la Gironde [16] , et que l’on écrive aux représentants du peuple, pour leur demander l’exécution générale de la loi sur le maximum. D’Esmartis et Reynaud [font décider] qu’il sera envoyé deux commissaires au citoyen Garrau, représentant du peuple, à Sainte-Foy, pour l’engager à faire exécuter provisoirement la loi du maximum, puisque le département de la Gironde paraît la retarder, et que la ville de Sainte-Foy et ses environs ne manqueraient pas de profiter de la disproportion dans [le] prix des grains, si l’exécution de la loi souffrait encore du retard. Les citoyens Bourson et Bordère sont chargés de cette mission [17].

21 octobre 1793 p299

Séance du 30 et dernier jour du mois an II [21 oct. 1793].

Les citoyennes Galina-Russel et Biès déposent sur le bureau chacune un paquet de charpie (1). Mention honorable.

L’administration fait demander deux commissaires pour se transporter dans la campagne, afin de mettre en réquisition le retouble nécessaire aux chevaux en dépôt (2)... Délibéré qu’il en serait nommé quatre au lieu de deux... Les citoyens Bordère, Mahuzier, Gazamajou et Veyrine aîné se rendront demain au district, pour y prendre les ordres des administrateurs.

20 octobre 1793 p307

Un membre observe que Lakanal lui avait témoigné sa surprise, relativement à la démarche précipitée de la Société, dans l’intérêt du citoyen Cazamajou [18]. L’assemblée prend cet objet en grande considération, demande une seconde lecture du procès-verbal, entend les commissaires de la députation sur icelui et, par un rapprochement de fait..., il résulte que les commissaires, entraînés par un zèle charitable, ont outrepassé
l’esprit de la délibération et la mission dont ils étaient chargés.

Considérant que la Société n’avait en vue que de connaître les motifs qui avaient déterminé le représentant du peuple à lancer cet acte de justice, afin de délibérer en connaissance de cause sur la pétition de Cazamajou ;

Considérant que les sollicitations impolitiques de quelques-uns des commissaires ont pu indisposer le représentant contre la Société qu’ils représentaient ;

Considérant qu’il est indispensable de réparer cette faute par tous les moyens qui sont en son pouvoir ;

[La Société] arrête que dix commissaires pris dans son sein se transporteront sur-le-champ devers Lakanal, pour lui témoigner combien la Société est fâchée et désespérée de la demande inconsidérée de ses commissaires relativement au citoyen Cazamajou, et le conjure, au nom de tout ce qu’il y a de plus sacré, au nom des intérêts des sans-culottes, de rendre à la Société sa confiance, son amitié et sa bienveillance, en continuant de répandre dans son sein le feu sacré de l’amour de la patrie, dont il nous a électrisés par son énergie, sa justice et sa fermeté.

Les citoyens Royer, Bordère, sellier, Labonne, Marchet
père, Borie l’aîné, Pujol, ex-carme, Oaussen, Mahuzier, Vey-
rine, chapelier, et d’Esmartis, maire, sont chargés de cette
mission [19] .

Le cercle constitutionnel de Bergerac (29 frimaire an VI = 19 dé- cembre 1797 au 26 FLORÉAL AN VI = 16 MAI 1798).

Sous le Directoire, l’ancienne Société populaire cherche à se reconstituer. Les efforts d’un certain nombre d’anciens clubistes aboutissent à la création d’un Cercle constitutionnel. Voici dans quelles conditions.

Trois mois après la constitution du régime directorial, nous constatons à Bergerac une vive fermentation politique. Tous les jours il y a des querelles, des rixes, des duels [20]. Les royalistes chantent publiquement le Réveil du peuple, et les républicains répondent par des protestations et des coups. Un capitaine de grenadiers, le citoyen Mounet, sans doute l’ancien clubiste, sort en
armes, avec une vingtaine de grenadiers et de chasseurs de la garde nationale, pour empêcher des assassinats [21] . La lutte dans les rues devient si chaude que l’administration municipale doit interdire le chant du Réveil du peuple, cause de ces troubles [22] .

Mais, si l’agitation cesse dans la rue, elle subsiste dans les esprits. Au commencement de ventôse an IV (février 1796), un ancien clubiste devenu contre-révolutionnaire, Perrié-Dussumier. publie un violent pamphlet, La bande de gueux à la Chapoulette [23] et le triomphe des braves gens ; il y parle des « crimes de la monstrueuse faction que le 9 thermidor assomma », regrette que Lakanal, ce » Montagnard forcené », n’ait pas été tué lors de son séjour à Bergerac et qualifie les démocrates d’ « exécrable canaille [24] ».

Ce pamphlet soulève les protestations des démocrates bergeracois ; trente-et-un d’entre eux, tous ou presque tous anciens clubistes, le dénoncent aussitôt, le 9 ventôse an IV (23 février 1796), à l’administration municipale de Bergerac. (( Un misérable écrivassier, disent-ils, vient de faire sortir de la presse un écrit qui, en réveillant les vieilles querelles que l’intérêt général avait fait oublier, semble n’avoir été fait que pour allumer le brandon de la discorde ». Et ils prient l’administration de (( venger l’attentat qu’il porte à la tranquillité publique ».

Cette protestation est signé-î des noms suivants : Albre aîné, Ambier [25] , Bergegère, Bergegère fils,Bernard, Blanchard, Borie, J. Borie, Daniel Bouyssavy, Boyer, Briaud aîné, Cailloux, Caute, J. Chassaigne, E. C’olrieii-IVIainsat, Dailhac, Dufour, Labonne, Lanauve, Lanauve fils, Légat, Mahuzier, Marvier, Mercier, Mounet, Noël, Reynaud, Rooy fils, Veyrine, Veyrine aîné, Vigier [26] .

Voir en ligne : BNF Gallica

Notes

[1Voir séances du 15 février 1791, sur ce curé, et du 15 mars 1791, sur le P. Mathieu.

[2Voir, au sujet des prisonniers, séances des 10 février et 7 mars 1790.

[3Dans la séance du 18 février 1791, un projet d’adresse à la Société d’Eymet sera présenté par d’Esmartis-Laperche et adopté par la Société.

[4Voir, plus haut, séance du 21 janvier, et, plus loin, séance du 22 février 1791.

[5Il s’agit du club de Lyon.

[6C’est ce jour-]à que fut signée cette pétition, décidée dans la séance du 20 septembre 1791. Elle est adressée à la municipalité de Bergerac.

[7Arch. mun. Bergerac, fonds Faugère, 2e carton, n 94.

[8Arch. mun. Bergerac, fonds Faugère, 2 carton, n° 94.

[9La Convention avait aboli la royauté par décret du 21 septembre 1792 (Duvergier, t. V, p. 1),

[10Nous rangeons ces 161 signatures dans Tordre alphabétique.

[11Arch. nai., C 237, dossier 240. Le Proc-verb. Convention du 11 octobre 1792, p. 340, mentionne cette adresse, qui, on le voit, est la première adhésion de la Société à la politique de la Convention.

[12Nous rangeons ces 75 noms dans l’ordre alphabétique.

[13Arch. nat., C 246, dossier 354. En haut de cette adresse, il est mentionné
qu’elle fut reçue le 27 février 1793. Le Proc.-verb. Convention du 27 février 1793, p. 476, donne l’analyse de cette adresse ; il ajoute que la Convention en décréta mention honorable et insertion au Bulletin,

[14Voir la séance du 23 février 1793. La lettre de Vallombreuse, datée de Bergerac, 5 mars 1793, est aux Arch. mun. Bergerac, boîte U, liasse 46, n 12.

[15Le décret du 24 février 1793 mettait en état de réquisition tous les citoyens de 18 à 40 ans, non mariés ou veufs sans enfants, ordonnait une levée de 300.000 hommes, et, si l’inscription volontaire ne produisait pas le nombre d’hommes suffisant, on aurait recours à des désignations d’office (Duvergier, t. V, p. 2 ’3). Sur l’exécution de cette levée dans la Dordogne, voir de Cardenal, 0. c, p. 198 et suiv.

[16Le 1er octobre 1793, la Société s’était déjà préoccupée de cette question. Dans la séance du 8 octobre suivant, Boyer, en sa qualité de président, fera choix de citoyens à cet effet. « Filliol, Veyrine, tanneur, Robert, Suisse, Villate,
Mahuzier, tanneur, Bordère, serrurier, Cailloux Gabriel, Borie cadet, Thomasson, grenadier, Pujol, cloutier, Bernard neveu et Laville, buraliste, se sont chargés de cette mission avec empressement, et ont promis de se rendre demain matin à l’administration et, de là, partout où besoin sera ».

[17A la séance du 8 octobre suivant, ils feront savoir qu’ils seraient déjà partis s’ils avaient trouvé des chevaux, mais que leur départ est fixé au lendemain. Voici le texte de l’adresse qu’ils portèrent à Garrau : « L’inexécution de la loi sur le maximum dans la Gironde entraîne des conséquences qui pourraient devenir funestes à tous les départements qui l’avoisinent. Vous avez sans doute prévu les résultats de la disproportion du prix des grains et de l’appât du gain qu’il olïre dans l’inconcurrence (sic) ». La Société lui demandait de « faire exécuter provisoirement la loi du maximum à Sainte-Foy et ses environs, à fermer par là à l’avidité du spéculateur une vaste carrière qui ne lui eût jamais été ouverte si cette loi salutaire eût eu le même jour son exécution rigoureuse dans tous les points de la République (Arch. miin. Bergerac, boîte Z,n°47).

[18Voir la séance du 25 octobre 1793.

[19Voici comment le pamphlétaire bergeracois résume cet incident :
« Un jour, sur des plaintes qui lui furent portées par des femmes ou parentes des défenseurs de la patrie contre le secrétaire de la municipalité, homme à
caractère brusque et bourru, bonhomme malgré cela et jureur par habitude, il le destitue. La Société populaire, connaissant le patriotisme du sujet, l’avidité de ses dénonciatrices, lui envoya une députation. Il marqua beaucoup de mécontentement, cessa d’aller aux séances, sous prétexte d’affaires ; il témoigna beaucoup de froideur aux membres qui lui avaient apporté le vœu de la Société. La Société craignit de l’avoir fâché, envoya une nouvelle députation, qui rejeta tout, ainsi que le représentant, sur les membres de la première députation. Ainsi, tout s’arrangea aux dépens de quatre individus et de la vérité ; mais le secrétaire resta toujours suspendu » (H. Labroue, Un pamphlet contre Lakanal, chapitre X, p. 19).

On voit que notre pamphlétaire est bien informé. Il n’est que plus respon-
sable de la déformation qu’il fait subir aux événements, quand il déclare, par
exemple, que Lakanal cessa d’assister aux séances jusqu’à ce qu’une deuxième démarche eût été faite auprès de lui. Or, cette démarche eut lieu dès le lendemain. Les commissaires envoyés à Lakanal rendront compte de leur mission dans la séance du 27 octobre 1793.

[20Arch. mun. Bergerac, Reg. délib. mun., 28 pluviôse an IV (17 février 1796).

[21Ibid., 2 ventôse an IV (21 février 1796).

[22Ibid., 3 et 4 ventôse an IV (22 et 23 février 1796).

[23L’auteur explique que c’est le nom d’un égout.

[24Ce pamphlet est aux Arch. mun. Bergerac, boîte R, liasse 10.

[25Peut-être faut-il lire Auchier, nom d’un ancien clubiste. Seuls quatre autre noms n’avaient pas été, à notre connaissance, portés par des clubistes
(Caute, un Lanauve, Légat, Rooy).

[26Arch. mun. Bergerac, boîte R, liasse 10.